Sommaire
- Qu’appelle-t-on risques psychosociaux ?
- Le cadre réglementaire en France
- Identifier les facteurs de risques dans votre entreprise
- Outils d’évaluation des RPS
- Mettre en place un plan de prévention efficace
- Le rôle central des managers dans la prévention
- Questions fréquentes
Les risques psychosociaux (RPS) touchent aujourd’hui toutes les organisations, quelle que soit leur taille ou leur secteur d’activité. Stress chronique, harcèlement, conflits, surcharge de travail : ces situations dégradent la santé des salariés et coûtent cher aux entreprises. En France, le coût social du stress au travail est estimé entre 1,9 et 3 milliards d’euros par an selon l’INRS. Agir en prévention n’est plus une option, c’est une obligation légale et un investissement rentable.
Chez MGRH, cabinet de conseil RH à Marseille, nous aidons les entreprises à construire des démarches de prévention des RPS ancrées dans le réel. Contactez-nous pour un premier échange sur votre situation.
Qu’appelle-t-on risques psychosociaux ?
Les risques psychosociaux désignent les risques pour la santé mentale, physique et sociale des travailleurs, générés par les conditions d’emploi et les facteurs organisationnels susceptibles d’interagir avec le fonctionnement mental. Cette définition, issue du rapport Gollac de 2011, fait aujourd’hui référence.
Concrètement, les RPS se manifestent sous plusieurs formes :
- Le stress au travail : lorsque la personne ressent un déséquilibre entre ce qu’on lui demande et les ressources dont elle dispose pour y répondre.
- Le harcèlement moral ou sexuel : des agissements répétés qui dégradent les conditions de travail et portent atteinte à la dignité de la personne.
- Les violences internes : conflits majeurs, comportements hostiles entre collègues ou avec la hiérarchie.
- Les violences externes : agressions, incivilités de la part de clients, usagers ou patients.
- L’épuisement professionnel : le burn-out, résultat d’un stress chronique non géré.
Selon la DARES (2024), 34 % des salariés français déclarent subir un stress au travail « toujours » ou « souvent ». Les professions les plus exposées sont les soignants, les enseignants et les métiers en contact avec le public, mais aucun secteur n’est épargné.
Le cadre réglementaire en France
L’employeur a une obligation générale de sécurité et de protection de la santé des travailleurs (article L.4121-1 du Code du travail). Cette obligation porte aussi bien sur la santé physique que mentale, et englobe donc les risques psychosociaux.
Plusieurs textes structurent les obligations en matière de prévention des RPS :
| Texte de référence | Ce qu’il impose | Sanctions |
|---|---|---|
| Art. L.4121-1 à L.4121-5 Code du travail | Obligation générale de prévention (9 principes) | Faute inexcusable, sanctions pénales |
| ANI du 2 juillet 2008 | Prévention du stress au travail | Obligation de négocier |
| ANI du 26 mars 2010 | Prévention du harcèlement et des violences | Obligation de négocier |
| Loi santé au travail (2 août 2021) | DUERP renforcé, suivi médical, prévention primaire | Amendes, responsabilité civile/pénale |
La jurisprudence a considérablement renforcé ces obligations. Depuis les arrêts « amiante » de 2002, la Cour de cassation impose une obligation de sécurité de résultat en matière de santé au travail. En matière de RPS, l’employeur doit démontrer qu’il a pris toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé mentale de ses salariés.
Identifier les facteurs de risques dans votre entreprise

Le rapport Gollac identifie six familles de facteurs de risques psychosociaux, qui constituent la grille d’analyse de référence en France :
- L’intensité et le temps de travail : charge excessive, délais irréalistes, horaires imprévisibles, hyperconnexion.
- Les exigences émotionnelles : contact avec la souffrance, devoir cacher ses émotions, peur au travail.
- Le manque d’autonomie : absence de marges de manoeuvre, impossibilité de participer aux décisions, travail monotone.
- Les rapports sociaux dégradés : manque de soutien, conflits, absence de reconnaissance, isolement.
- Les conflits de valeurs : devoir faire un travail qu’on estime inutile ou contraire à ses convictions éthiques.
- L’insécurité de la situation de travail : précarité de l’emploi, changements permanents sans accompagnement.
L’identification de ces facteurs passe par une approche pluridisciplinaire associant la direction, les représentants du personnel, la médecine du travail et, idéalement, un cabinet externe qui apporte un regard neutre et une méthodologie éprouvée.
Ne confondez pas diagnostic RPS et enquête de satisfaction. Le diagnostic RPS analyse les conditions objectives de travail et leur impact sur la santé. L’enquête de satisfaction mesure un ressenti global. Les deux sont utiles, mais le diagnostic RPS est celui qui fonde juridiquement votre démarche de prévention. Voir aussi notre article sur la démarche QVCT globale.
Outils d’évaluation des RPS
Plusieurs outils scientifiquement validés permettent d’évaluer les risques psychosociaux. Le choix de l’outil dépend du contexte de votre entreprise.
Le questionnaire de Karasek
Modèle « demande-autonomie-soutien », il évalue trois dimensions : la demande psychologique (charge de travail), la latitude décisionnelle (autonomie) et le soutien social (collègues et hiérarchie). Un salarié en situation de « job strain » (forte demande + faible autonomie) est en zone de risque élevé.
Le questionnaire de Siegrist
Modèle « effort-récompense », il mesure le déséquilibre entre les efforts fournis par le salarié et les récompenses reçues (salaire, reconnaissance, sécurité de l’emploi, perspectives de carrière). Un déséquilibre persistant est prédicteur de troubles cardiovasculaires et de dépression.
Le questionnaire COPSOQ
Plus complet, le Copenhagen Psychosocial Questionnaire couvre 26 dimensions et existe en trois versions (courte, moyenne, longue) adaptables à la taille de l’entreprise.
Ces outils ne remplacent pas l’analyse qualitative du travail réel. L’observation des situations de travail et les entretiens individuels complètent indispensablement les données quantitatives pour construire un diagnostic fiable.
Mettre en place un plan de prévention efficace
La prévention des RPS s’organise selon trois niveaux complémentaires :
Prévention primaire : agir sur les causes
C’est le niveau le plus efficace et le plus exigeant. Il s’agit de modifier l’organisation du travail pour supprimer ou réduire les facteurs de risque à la source : revoir la répartition de la charge, clarifier les rôles, améliorer les process de décision, former les managers.
Prévention secondaire : renforcer les ressources
Quand les facteurs de risque ne peuvent pas être totalement éliminés, on renforce la capacité des individus et des équipes à y faire face : formation à la gestion du stress, groupes de parole, espaces de discussion sur le travail.
Prévention tertiaire : prendre en charge les situations dégradées
Dispositifs de soutien psychologique, cellule d’écoute, accompagnement des salariés en souffrance, procédures d’alerte. Ce niveau est nécessaire mais insuffisant s’il n’est pas adossé aux deux précédents.

« La prévention des risques psychosociaux suppose d’agir sur l’organisation du travail, pas seulement sur les individus. C’est un investissement, pas un coût. »
— INRS, Dossier Risques psychosociaux 2024
Le rôle central des managers dans la prévention
Les managers de proximité sont en première ligne face aux RPS. Ce sont eux qui détectent les premiers signaux d’alerte : changement de comportement, repli sur soi, irritabilité, absences répétées, baisse de performance.
Mais ils sont aussi souvent eux-mêmes exposés aux RPS, pris en étau entre les exigences de la direction et les attentes de leurs équipes. Former les managers à la prévention des RPS, c’est à la fois les outiller pour protéger leurs collaborateurs et les protéger eux-mêmes.
Une formation efficace couvre au minimum :
- La compréhension des mécanismes du stress et des RPS.
- La détection des signaux faibles chez un collaborateur.
- Les techniques d’écoute active et de conduite d’entretien délicat.
- Le relais vers les acteurs compétents (RH, médecine du travail, psychologue).
- La prévention de leur propre épuisement.
La transformation managériale est un levier puissant de prévention des RPS. Un management fondé sur la confiance, l’autonomie et la reconnaissance réduit significativement les facteurs de risque. Le dialogue social joue également un rôle protecteur en permettant l’expression collective des difficultés.
Besoin d’un diagnostic RPS ou d’un plan de prévention ?
MGRH accompagne les entreprises de la région PACA dans la prévention des risques psychosociaux : diagnostic, formation des managers, plan d’action et suivi dans la durée.
Appelez-nous au 04 88 60 37 70 ou prenez rendez-vous.
Questions fréquentes
Quels sont les signaux d’alerte des RPS à surveiller ?
Les signaux d’alerte se manifestent à plusieurs niveaux. Au niveau individuel : fatigue persistante, irritabilité, troubles du sommeil, repli sur soi, absences répétées. Au niveau collectif : augmentation des conflits, baisse de la qualité du travail, turnover anormal dans un service, multiplication des demandes de mutation. La combinaison de plusieurs signaux dans un même service doit déclencher une analyse approfondie.
Qui est responsable de la prévention des RPS dans l’entreprise ?
L’employeur porte la responsabilité juridique de la prévention des RPS au titre de son obligation de sécurité. Mais la prévention est un travail collectif qui implique la direction, les RH, les managers, les représentants du personnel (CSE, CSSCT), la médecine du travail et les salariés eux-mêmes. Un comité de pilotage dédié, associant ces différents acteurs, est recommandé pour structurer la démarche.
Combien de temps dure un diagnostic RPS ?
Un diagnostic RPS complet prend généralement entre deux et quatre mois, selon la taille de l’entreprise. Il comprend une phase de cadrage (deux semaines), une phase de recueil des données quantitatives et qualitatives (un à deux mois), et une phase d’analyse et de restitution (deux à trois semaines). La restitution inclut des préconisations hiérarchisées pour construire le plan de prévention.
Le diagnostic RPS doit-il être renouvelé ?
Oui. Le DUERP, qui intègre l’évaluation des RPS, doit être mis à jour au moins une fois par an dans les entreprises de plus de 11 salariés, et à chaque modification importante des conditions de travail. Un diagnostic approfondi est recommandé tous les trois à cinq ans, complété par un suivi annuel des indicateurs (absentéisme, turnover, accidents). Tout événement grave (suicide, harcèlement avéré, restructuration) impose un diagnostic d’urgence.
Peut-on sous-traiter la prévention des RPS à un cabinet externe ?
Le recours à un cabinet externe est fortement recommandé pour le diagnostic, car il garantit la neutralité et la confidentialité des données recueillies. En revanche, la prévention ne peut pas être entièrement sous-traitée : l’employeur reste juridiquement responsable, et les actions de prévention doivent être intégrées au fonctionnement quotidien de l’entreprise. Le cabinet externe apporte la méthodologie, l’expertise et l’accompagnement dans la durée.
Sources :